Jour 15 Port Louis à Lorient

J’écris ce post dans le train du retour. C’est toujours un stress pour nous d’embarquer nos engins dans le train. Ce matin encore une contrôleuse prétendait que ce n’était pas possible de mettre des vélos dans un TGV… En tout cas c’est possible de payer pour en avoir le droit. Après, c’est souvent compliqué parce que,

  • À l’aller le train est bondé et les vélos occupent la place de 4 strapontins, donc les autres passagers nous regardent méchamment d’autant qu’on en a heurtés plus d’un en montant à bord les engins.
  • Au retour nous ne sommes pas au terminus, le train s’arrête une minute et si jamais le tableau de composition du train est faux, alors là c’est la panique.

Bref, avec la SNCF c’est presque possible. Aujourd’hui nous nous en sommes plutôt bien sortis.

Revenons donc un peu sur la journée d’hier.

Cette journée a de nouveau commencé (tard, parce qu’on a fait la grasse mat’) par un trajet en bateau, cette fois-ci de Port-Louis au port de Lorient. Le bateau est un transport en commun au même titre que le bus dans le Morbihan.

Une fois débarqués nous rejoignons l’hôtel pour poser notre barda. A cette occasion j’observe que les grands axes de Lorient sont tous pourvus de pistes cyclables, un bon point pour la municipalité !

Ensuite nous entreprenons de suivre – à vélo – une des ballades pédestres proposées par l’office du tourisme de Lorient: la promenade des villas.

En fait de « villas », nous avons surtout vu des maisons. Toutefois le descriptif de la promenade apporte aussi des informations historiques sur la ville, donc c’est intéressant.

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Nous commençons tout juste à reconnaître les styles XIXe, années 30 et années 50 lorsque c’est le drame : Christian chute lourdement au démarrage. Il faut dire que nos vélos sont hauts et lourds et ne sont pas conçus pour faire de la ville, où l’on ne fait que s’arrêter et repartir.

Il a un gros bobo au genou et le vélo a bobo aussi : le garde-boue avant s’est déplacé et frotte sur la roue. Le désinfectant et les outils pour réparer l’un et l’autre sont restés à l’hôtel. Nous rentrons donc, puis, les réparations effectuées, décidons que ça commence à bien faire le vélo et que nous allons maintenant nous ballader à pied.

Il n’y a pas beaucoup de monuments à Lorient, car la ville a énormément souffert pendant la seconde guerre mondiale. En musées, il y a le musée sous-marin avec visite… d’un sous-marin, ou la cité de la voile d’Eric Tabarly. L’un et l’autre sont sans doute fort intéressants, mais nous ne sommes pas, comment dirais-je, dans les bonnes dispositions.

J’ai repéré des galeries d’art sur Internet. La première, le LAG (Lorient Art Galerie) présente des peintres et sculpteurs contemporains sur 3 niveaux. C’est très bien. Nous aimons bien en particulier Antoine Hommet.

La deuxième, qui s’appelle « le lieu« , est installée dans un immeuble XVIIème siècle, l’hôtel Gabriel, sur les quais et est dédié à la photo. Il y a une exposition de Juliette Agnel. Cette photographe a inventé une « camera obscura » électronique. Ça fait des photos étranges, proches de la peinture. Je suis séduite mais pas Christian.

Nous rentrons en longeant les quais, ce qui nous donne l’occasion de découvrir également deux beaux immeubles contemporains.

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Voilà, notre trip morbihanais s’achève. Nous avons eu très très chaud mais évité (ou presque) les coups de soleil. Nous avons moins pédalé que l’année dernière, et tant mieux car sous cette chaleur cela n’aurait pas été possible de faire 40 ou 50 km tous les jours.

Nous avons vu de beaux endroits: le château de Josselin, les aiguilles de Port Coton, la ria d’Etel, le musée de la compagnie des Indes. Entre nous, nous avons tout de même préféré la nature sauvage du Finistère. En revanche, nous savons dorénavant vraiment tout ce qu’il y a à savoir sur les mégalithes, c’est-à-dire en fait pas grand-chose.

On peut maintenant commencer à rêver à l’année prochaine !

Jour 14 d’Etel à Port Louis

La journée commence par un copieux petit déjeuner à l’hôtel « Le Trianon », décidément une bonne adresse. Au moment de partir, la patronne nous avertît que le pont sur la rivière Etel est fermé pour travaux. Il vaut mieux traverser à Etel même par le bac.

Une fois sur l’autre rive, nous longeons la rivière jusqu’à l’embouchure où l’on peut voir la « barre d’Etel », en fait un banc de sable, constamment déplacé et remodelé par les courants, qui rend l’accès à la rivière compliqué voire dangereux. Un sémaphore, opéré par la première et seule femme sémaphoriste de France (et qui s’apprête à passer le flambeau à… sa fille !), guide les bateaux.

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Nous reprenons nos vélos et décidons de rejoindre Port Louis par la presqu’île de Gavres, trajet qui nous parait plus tranquille que la route directe.

Nous tournicotons un moment dans la campagne, en réussissant toutefois à garder à peu près notre cap. Nous rencontrons un alignement de mégalithes en bordure d’un jardin… d’après la carte il s’agit bien d’un alignement et non d’une fantaisie du propriétaire !

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Nous arrivons enfin sur la presqu’île. À  partir de là, c’est tout droit et il faut avouer qu’il n’y a pas grand chose à voir: le paysage est plat, la végétation rase. A notre gauche la mer est cachée par les dunes. À notre droite, une étendue vaseuse qui est peut-être recouverte d’eau à marée haute.

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Déjeuner à Gavres en attendant le bac. Christian livre un combat acharné avec une araignée de mer.

A Port-Louis, nous visitons le musée de la Compagnie des Indes. Il est installé dans la citadelle qui défendait l’entrée du port de Lorient.

Superbe musée qui raconte l’histoire de la Compagnie à travers de splendides maquettes, des mises en scène (« dioramas »), des peintures, gravures et de nombreux objets.

Tout y est: la construction des bateaux – un bateau ne faisait que 5 ou 6 voyages, chaque voyage durant quand même 12 à 18 mois – l’équipement, les itinéraires, la vie à bord, les cartes…

Dans une deuxième partie, nous admirons de nombreux objets rapportés d’Afrique ou d’Asie, souvent par les matelots. En effet, la compagnie elle-même commerçait principalement les épices, les étoffes, la porcelaine de Chine et les esclaves. Cependant les hommes de bord étaient autorisés à faire eux-mêmes un peu de trafic qu’on appelait « pacotille » et achetaient de nombreux objets.

Petite promenade dans Port Louis à la tombée du soir. Nous tombons encore sur une maison envahie par les hortensias. A ce stade ça commence à ressembler à une maladie… nous arrivons aux remparts où l’on voit la tour saint-François. Côté ville elle ressemble à une maison ordinaire avec une façade plate, côté mer c’est une tour ronde !

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(Christian)

À proximité de la citadelle de Port-Louis, des groupes de jeunes garçons et filles se tiennent debout sur les remparts. En maillot de bain, ils se jettent à l’eau malgré le dévers de la muraille qui impose une prise d’élan.
Lors de notre promenade digestive sur une autre partie des remparts, nous croisons la route d’un garçon de cinq ou six ans au plus qui veut attirer l’attention de ses parents. Sans réaction de leur part, il entreprend de grimper sur le parapet, qui surplombe le rivage de plusieurs mètres. Nous l’en dissuadons, pour un temps au moins.
Courageux jeunes bretons ! Je suppose que ce rude apprentissage leur est nécessaire pour affronter devenus adultes les quarantièmes rugissants, cinquantièmes hurlants ou patrons gueulants.

Jour 13 de Sauzon à Etel

Très belle journée malgré, entre autres, une chaleur de bête.

De Sauzon, nous rejoignons l’embarcadère de Palais dans le temps fixé par le test de la veille, et ce malgré les sacoches.

Il y a peu de passagers dans le bateau et j’ai la place de m’étaler sur un banc pour finir ma nuit.

A Quiberon, j’ai décidé d’éviter à tout prix l’itinéraire pourri de Google Maps de l’aller. Mon choix est le bon car nous voici sur la côte dite « sauvage » de Quiberon (dont on nous rebat les oreilles depuis le début) et c’est effectivement très joli. Il n’y a que le ciel, la lande, la mer et quelques rochers nettement moins terrifiants que ceux de Belle-Ile.

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Nous franchissons également l’isthme de Penthièvre en évitant quasi totalement la grande route, puis rattrapons la voie verte qui nous fait longer la côte. Le chemin est un peu sablonneux mais bien roulant et très agréable quoique peu ombragé.

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Seule anicroche, cette même voie verte nous fait passer au large de Plouharnel nous privant ainsi d’une source de ravitaillement, or il commence à faire faim. Au moment où je m’en aperçois, il est trop tard pour faire demi tour.

Heureusement, nous arrivons bientôt aux environs d’Erdeven où nous trouvons une pizzeria – kebab (une spécialité bretonne). Même assise sans bouger sous l’auvent du restaurant, je transpire.

Nous continuons en longeant la côte par une zone dunaire jusqu’à Etel. Ce n’est qu’à partir de là que nous devons poursuivre sur quelques km de route départementale, heureusement pourvue de pistes cyclables, pour atteindre la ria d’Etel et l’îlot de saint-Cado.

L’endroit est absolument enchanteur. Un chemin longe la rivière où clapotent quelques bateaux et conduit au pont qui permet de rejoindre l’îlot. A gauche du pont, on peut photographier la fameuse carte postale bretonne avec la petite maison à volets bleus toute seule sur son île.

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On peut ensuite prolonger la promenade en faisant le tour de l’îlot à pied. Il y a quelques maisons, un atelier de peintre, et surtout la vue sur la rivière paisible.

Nous visitons la chapelle de saint Cado, datant du XIIème siècle, qui arbore de beaux vitraux. Saint-Cado, comme beaucoup de saints bretons (cf. l’article sur la vallée des saints de Bretagne à vélo 1ere édition), est venu du pays de Galles pour évangéliser la Bretagne.

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Nous repartons ravis et il ne nous reste plus qu’à revenir un peu en arrière jusqu’à Etel pour trouver notre hôtel. Celui-ci est un hôtel traditionnel très vieille France comme nous les aimons.

Nous nous offrons une petite baignade dans une eau enfin à une température convenable, dans un bassin séparé de la ria par une digue (ceci expliquant cela).

Après le dîner, nous faisons une petite promenade digestive sur le port où nous admirons le somptueux coucher de soleil et les nombreux oiseaux qui passent et repassent au dessous de nous. Une sterne passe à toute allure, plonge en piqué avec un « floc » et ressort de l’eau 1 seconde plus tard avec un poisson. Elle crie et une autre la rejoint, et elles s’éloignent ensemble.

Au passage nous découvrons quelques surprises : une sculpture représentant un thon… coupé en tranches, le « bistrot à thon », installé place de l’entrepôt (Etel est la ville du thon !), mais aussi: un chat en vitrine et un lucane cerf-volant.

(Christian) 

Ami lecteur, peut-être te demandes-tu comment j’occupe les longues heures passées sur mon furieux engin roulant ?

Sache que de nombreuses activités sont possibles :

  • Regarder les paysages bretons champêtres et maritimes, cependant toujours obstrués par une cycliste roulant devant moi.
  • Monter les côtes en suant, le regard fixé au sol, mais une fois arrivé au sommet, ressentir une petite fierté d’avoir gravi une pente qui ne doit être descendue que vélo à la main, selon ce panneau routier aperçu à Belle-Ile.
  • Boire l’eau tiède du bidon, voire comme Françoise s’en asperger la tête, comme un véritable grimpeur  du Tour de France sous la canicule. Je veille toutefois à ce que Françoise ne pousse pas le mimétisme jusqu’à jeter son bidon vide sur la route.
  • Extraire de la sacoche de guidon le diffuseur de crème solaire de crème solaire, s’asperger de produit puis l’étaler tout en roulant. Cette activité nécessite toutefois un nettoyage complet en fin de journée du cadre de vélo et des sacoches piquetés de projections de crème.

Malheureusement, d’autres activités s’avèrent plus ardues :

  • Prendre un selfie en roulant. La photo était floue ! D’ailleurs, je me demande si c’est bien prudent ?
  • Se gratter le crâne. C’est impossible à cause du casque et c’est très énervant en cas de démangeaison. Frotter le casque contre la tête peut certes offrir quelque soulagement, mais rien de comparable à un gratouillis manuel et précis.

Une activité impossible ?

  • Faire une petite sieste récupératrice.

Aussi vais-je dès à présent m’étendre sur cette grande selle plate couverte d’un drap blanc qui m’a été aimablement offerte ce soir.

Jour 12 Sauzon

Petite journée tranquille sur Belle-Ile où il fait toujours une chaleur incroyable.

Au matin nous partons visiter la pointe des poulains qui se trouve à quelques kilomètres de l’hôtel. Comme aux aiguilles de Port Coton, ce sont des falaises noires et déchiquetées, un peu moins impressionnantes tout de même.

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On se promène par le sentier côtier, parmi les genêts en fleurs dont le parfum entêtant me fait croire un moment qu’une dame un peu trop pomponnée nous a précédés !

Il y a une autre attraction, c’est la maison ou plutôt le fort de Sarah Bernhard. Celle-ci était venue installer ici sa résidence secondaire, il faut avouer qu’on pourrait trouver plus séduisant comme décor. Il faut croire que la sauvagerie des éléments et la rudesse du paysage convenaient bien à l’âme tourmentée de la tragédienne.

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La maison de Sarah Bernhard (sur la droite)

Nous ne visitons pas le musée faute de temps (il faut qu’on soit rentrés à 16h…) mais la maison de Sarah Bernhard, parfaitement conservée ou restaurée comme on voudra.

Enfin nous allons faire un tour au phare des poulains. Celui-ci est implanté sur une presqu’île séparée de la côte par un tombolo. J’ai toujours voulu savoir ce que c’était qu’un tombolo, maintenant je sais. C’est un espace sablonneux et inondé à marée haute entre deux parties rocheuses de la côte (comme au mont saint-Michel). Celui-ci n’est inondé qu’en cas de fortes marées, nous ne resterons pas coincés sur l’ilôt.

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Nous retournons à Sauzon déjeuner sur le port de sardines grillées. Puis nous reprenons les vélos pour nous rendre à Palais (la capitale de l’île). Cette excursion a pour buts :

  1. De découvrir quand même un peu le village,
  2. D’effectuer une reconnaissance car nous devrons y retourner demain de bon matin pour prendre le bateau et nous voulons savoir combien de temps il nous faut.

Retour sous une cagna infernale, il y a deux côtes sévères à franchir, la deuxième surtout en arrivant à Sauzon m’achève. Mais nous sommes rentrés à 16h pour France – Danemark.

Voilà, petite journée, nous dînons en terrasse dans le soir qui n’en finit pas de tomber. Au menu de l’hôtel : sardines grillées !

Au final Belle-Ile tient bien sa promesse: la côte est tout simplement magnifique. Mais elle est aussi très accidentée. Quant à l’intérieur, c’est de la campagne bretonne comme partout en Bretagne. J’en conclus que le vélo n’est peut-être pas le meilleur moyen pour découvrir l’île et que son charme se révéle mieux à pied, à condition toutefois de ne pas avoir le vertige !

Jour 11 de Quiberon à Sauzon

Nous commençons cette journée par un nouveau trajet en bateau qui nous conduit cette fois à Belle-Ile en mer. Rien à voir avec le « petit passeur », cette fois c’est du sérieux. Pour transporter une horde de touristes avec leurs voitures, il faut un gros ferry.

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Nous avons été espionnés pendant l’embarquement…

J’ai un peu mal au coeur et j’ai l’impression que l’île s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en approche… mais on finit quand même par accoster.

A l’office du tourisme, on nous remet une carte des curiosités et des pistes cyclables. Manifestement, il ne faut pas rater les aiguilles de Port Coton. Nous décidons donc de commencer par ça.

La route monte pour sortir de Palais, et ce sera le cas un peu partout à Belle-Ile. On nous avait prévenus, mais après la campagne de l’année dernière dans le Finistére, c’est pas ça qui va nous arrêter.

La campagne est bien verdoyante. Des faisans traversent la route devant nous, ça c’est nouveau ! Ici les maisons, au lieu d’être toutes blanches ou toutes grises, se parent de toutes les couleurs, c’est très joli.

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A Kervilahouen nous admirons le grand phare de Gouphar qui mesure 52m.

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Nous passons aussi devant une maison en passe d’être dévorée par les hortensias !

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Enfin nous arrivons à Port Coton et nous découvrons les fameuses aiguilles. C’est vraiment très impressionnant. Non seulement les a-pics sont vertigineux, mais la roche est noire, déchiquetée, acérée. Des gouffres s’ouvrent littéralement devant nos pas. La lande fleurie s’arrête brusquement, et un précipice s’ouvre, au fond duquel miroite l’eau transparente entre les rochers . Ça vaut d’être vu, mais je n’aime pas tellement ça en fait. Et encore il fait grand beau temps et la mer est d’huile. En un jour de tempête ça doit être vraiment terrifiant !

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Et je ne regrette pas de ne pas avoir d’enfants avec moi ! En effet, si l’accès à la lande est barré au ras du sol par des cordes tendues, afin de nous empêcher de piétiner les fleurs, rien n’est prévu pour empêcher le touriste lambda de s’écraser sur les rochers 80m plus bas !

En fait de fleurettes, en attendant c’est fort intéressant et j’en photographie plein, en espérant réussir à identifier quelques-unes une fois rentrée à la maison.

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Nous pique-niquons sous l’oeil méchant d’un goéland.

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Après une petite ballade de gouffre en gouffre, nous repartons vers des paysages plus sereins en direction de Sauzon. Christian est au taquet car je lui ai promis un hôtel 3 étoiles pour ce soir…

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Par endroits la route plonge dans une descente vertigineuse puis remonte aussi sec. C’est comme ça toutes les fois qu’on franchit le cours d’une rivière, nous avons vu cela à de multiples reprises l’année dernière.

Juste avant Sauzon un petit menhir nous salue !

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Sauzon est un adorable petit port bordé de maisons multicolores niché au fond d’une crique. L’hôtel « Le cardinal » est un peu en hauteur. La chambre est ultra banale (nous avons vu bien des chambres d’hôtes aménagées avec plus de goût et surtout de chaleur). Par contre la cuisine est excellente, ouf !

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Jour 10 de Arzon à Quiberon

Journée mégalithes !

Nous partons d’Arzon au matin, après avoir salué notre hôtesse qui nous a réservé un accueil chaleureux et d’une grande gentillesse dans sa maison baptisée « Ty mad » (la bonne maison, en breton). La chambre était de plus superbe donc c’est une bonne adresse.

Le bateau du « petit passeur des îles » nous transporte jusqu’à Locmariaquer après deux arrêts au milieu de la baie pour débarquer des passagers dans d’autres bateaux !

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Parcs à huîtres visibles durant la traversée

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À Locmariaquer nous décidons de visiter le site des mégalithes qui regroupe « le grand Menhir Brisé », le dolmen de « la table des marchands » et le tumulus d' »Er Grah ».

Du tumulus, il subsiste l’enceinte de pierres sèches et une partie surélevée au centre qui correspond à la chambre funéraire. A l’origine il devait mesurer pas moins de 150 mètres de long et abritait… un seul défunt !

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Les mégalithes ont été édifiés au néolithique. Avec le développement de l’agriculture, apparaissent aussi des organisations sociales complexes, et surtout… inégalitaires. Aujourd’hui la recherche du prestige social est le fait des vivants, à cette époque c’est manifestement dans la mort qu’il fallait impressionner les voisins…

Le cairn de la table des marchands est un autre exemple intéressant. Je suis pratiquement sûre de l’avoir vu étant enfant, réduit à l’état de dolmen.

Aujourd’hui il a été restauré et a retrouvé son aspect originel (pour ce que l’on en sait). On y pénètre par un couloir dont la hauteur augmente au fur et à mesure que l’on approche de la chambre centrale.

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Archive photographique montrant le dolmen avant restauration
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Après restauration, le dolmen est recouvert d’un amas de pierres, formant un cairn

La dalle qui constitue le plafond est gravée. On y voit (avec de très bons yeux) une partie d’un bovidé. Une autre partie de la même gravure est à 4 km de là, à Gavrinis, enfin une troisième partie est au plafond du tumulus d’Er Grah dont nous avons parlé plus haut ! La stèle du fond est aussi ornée de gravures bien mises en évidence par l’éclairage.

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Quant au grand menhir brisé, du temps de sa splendeur il se dressait à 18,5 m de haut. Il gît maintenant au sol, en plusieurs morceaux. D’autres menhirs devaient également former un alignement avec lui.

Nous reprenons nos vélos en direction de Carnac.

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Sculpture moderne en bordure d’un tronçon de piste cyclable

La route n’est pas franchement marrante, il n’y a pas beaucoup d’alternatives à la grande route très fréquentée, où certains automobilistes rivalisent de muflerie avec nos chers méridionaux.

A la Trinité sur mer, un pont enjambe le port avec une très jolie vue, conquise de haute lutte sur les voitures, les interdictions, etc !

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À Carnac, nous mettons un certain temps à comprendre l’organisation des différents sites à voir. Notre itinéraire nous a amenés pile sur Kermario qui est en fait le plus spectaculaire, car c’est là que les menhirs sont les plus hauts mais nous ne le savons pas encore !

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Après un déjeuner de crêpes, nous nous orientons vers le Menec où se trouve également la « maison des mégalithes ». C’est là que, en consultant le dépliant aimablement mis à notre disposition nous constatons que nous en avons raté la moitié et qu’il faut repartir en arrière !

Nous revenons donc sur nos tours de roue pour examiner aussi le Manio, Kerlescan et pour faire bonne mesure le cairn de Kercado.

Au Manio, il y a un « quadrilatère  » de pierres alignées qui délimitent, au choix, un temple, un tombeau, ou un terrain de foot.

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Le « géant du Manio » est un menhir de 6,5 mètres de haut.

Quant au cairn de Kercado, il vaut le coup d’être vu car un éclairage ad hoc met bien en évidence les gravures sur la stèle du fond. Il est de surcroît situé dans un parc très joli.

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Voilà nous avons vu à peu près tous les menhirs, mais le mystère reste entier. Quel but poursuivaient les hommes qui, il y 6000 ans et pendant plusieurs milliers d’années, ont taillé, transporté et erigé ces monuments? Mystère !

Nous reprenons la route en direction de Quiberon. Ce n’est pas très agréable. J’avais cru comprendre qu’une piste cyclable longeait la route sur toute la longueur, mais ce n’est pas toujours le cas. Pour finir, la piste nous ballade dans des chemins sabonneux , caillouteux et pentus à souhait !

En chemin nous nous arrêtons quand même pour une baignade sur une plage immense, sous une lumière aveuglante et dans une chaleur torride, dans une eau toujours aussi glaciale !

Nous passons une agréable soirée avec des cousins mi-bretons, mi-lyonnais!

Demain, bateau pour Belle-Ile !

Jour 9 Arzon

Journée repos et donc lessive ! Notre hôtesse a bien voulu nous laisser utiliser son lave-linge, donc pas besoin de poireauter dans une laverie automatique.

Après quoi, nous nous mettons en route pour une petite ballade d’exploration de la presqu’île, côté nord cette fois puisque hier nous avons fait le sud.

En partant nous nous arrêtons chez un réparateur de vélos car le vélo de Christian a un bruit.

« Et depuis combien de temps vous n’avez pas graissé la chaîne ??? ». Oui bon, bah, pour Noël on veut bien aussi « J’entretiens mon vélo pour les nuls ». Nous repartons avec les pneus gonflés à 4 bars et les chaînes dûment graissées (et un peu vexés).

Nous prenons les pistes à vélo jusqu’au village de Brillac. Au passage nous nous arrêtons à la « butte de Cesar ». Soi-disant l’illustre général aurait surveillé le déroulement d’une bataille célèbre (contre des gaulois, donc) depuis ce monticule. Pourquoi pas.

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À Brillac nous poursuivons jusqu’à la pointe de l’ours où nous faisons notre traditionnel pique-nique sous un arbre sur une plage qui sent fortement la marée…

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Etant arrivés au point le plus éloigné de la ballade, nous revenons en arrière mais dans la mesure du possible sans emprunter le même chemin (sinon c’est pas drôle). Cela nous permet de découvrir plusieurs jolies criques toutes bleues bordées de maisons blanches et où dansent des petits bateaux sous le ciel toujours sans nuages.

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Nous visitons aussi un ancien moulin à marée, transformé en galerie.

L’entrée du moulin

(Paysage derrière le moulin.)

Nous passons sous d’immenses pins parasols qui sentent la résine.

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Avec la chaleur en plus, on se croirait dans le midi. Mais les maisons ne sont pas les mêmes, blanches ou grises au lieu des tons ocres de la côte d’azur, ni les fleurs, hortensias au lieu de bougainvilliers. Les jeux de boules non plus, au lieu de pétanque on joue à la boule bretonne, même que manifestement il est très mal vu de jouer à autre chose sur les terrains de boule !

Une petite allée couverte pour la route…

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La ballade se termine par une baignade tonifiante dans de l’eau à 17 degrés. Et c’est tout pour aujourd’hui, c’était repos j’vous dis !

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Jour 8 de Séné à Arzon

C’est sous un ciel absolument sans nuage que s’est déroulée cette deuxième journée dans le golfe du Morbihan.

La préparation de cette journée m’avait donné du fil à retordre. La consultation d’une carte du golfe aidera à comprendre mon problème.

De Séné, mon idée était de rejoindre la presqu’île de Rhuys en empruntant le passage saint Armel (à l’est) . Celui-ci permet d’éviter de faire un grand tour qui nous ferait passer par Noyalo (tout à droite sur la carte). Le passage est desservi par un bac qui circule « tous les jours  » à la mode bretonne, c’est-à-dire en fait uniquement le samedi et le dimanche hors saison. Or, hors saison nous sommes.

En d’autres temps, nous aurions sans doute fait le tour à vélo, mais cette année le mot d’ordre était de préserver du temps pour flâner et découvrir les curiosités locales. Donc j’avais opté pour une autre solution : prendre le bateau à Vannes.

Il y a UN départ par jour à 8h20 (du matin !). Ayant repéré l’itinéraire la veille nous savions qu’il nous fallait une bonne demi-heure pour rallier le port de Vannes. Donc lever 6h45, et à 7h25 nous étions sur les vélos. Je dois dire que j’en ai mis un coup pour atteindre le port dans les meilleurs délais.

Au moment d’embarquer, le marin fait observer qu' »on ne prend pas les vélos « . Ahah… « J’ai réservé il y a deux semaines, j’ai bien précisé qu’on avait des vélos, la dame m’a assuré que c’était possible vu qu’on n’est pas en saison ». (Dans ta face, ajouté-je in petto). Il tord le nez mais il est bien obligé de s’incliner. Ouf. Je n’ai pas eu besoin de faire un scandale sinon il était pas prêt de partir, ce fichu rafiot.

Comme on peut l’observer sur la carte, traverser de Vannes à Port Navalo permet de voir tout le golfe, longer l’île aux moines et Gavrinis. J’aurais bien aimé visiter cette dernière île car il y a un cairn exceptionnel avec des gravures et tout et tout. Bon ça ne sera pas possible, pour une sombre histoire d’horaires de bateaux hors saison gnagna.

En attendant c’est quand même joli de voir tout ça dans la lumière du matin et sous le ciel tout bleu.

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Une fois débarqués à Port Navalo, nous nous rendons à l’office de tourisme pour avoir un plan des pistes cyclables. Nous tenons conseil et décidons de commencer par le cairn de Petit Mont, puis nous continuerons pas Saint-Gildas de Rhuys. Mauvaise pioche : le cairn n’ouvre que l’après-midi, constatons-nous une fois sur place.

Le parcours de pistes cyclables nous permet de tirer la même conclusion que la veille. Il y a UNE route sur la presqu’île et celle-ci est dédiée à la bagnole. Les cyclistes sont invités à suivre gentiment les itinéraires prévus pour eux qui les promènent par ci par là. Quant à se rendre d’un point A à un point B quelconques en vélo, il vaut mieux oublier.

Il y a toutefois un itinéraire bien alambiqué pour aller à Saint-Gildas de Rhuys. Nous pique-niquons sur la plage. Au matin frisquet succède une après-midi de rotissoire. Le ciel est toujours d’un bleu sans reproche. Le sable est brûlant. Je me baigne. L’eau est glaciale. Sensations fortes.

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Après la sieste, nous tentons de visiter Saint-Gildas de Rhuys. On nous avait promis des galeries d’art mais en fait il n’y a pas grand chose. Par contre l’abbatiale a un choeur roman très joli. Il parait qu’Abélard en a été quelque temps l’abbé après ses petits soucis avec Héloïse.

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Nous reprenons nos vélos pour retourner, avec l’aide parfois hasardeuse de Google Map, au cairn de Petit Mont. C’est un site néolithique installé au sommet d’une colline. Trois niveaux successifs de pierres sèches s’entassent sur une surface de 50 m par 50 m à peu près. On peut y pénétrer et voir 2 dolmens, dont les dalles s’ornent encore de gravures réalisées il y a 6000 ans et même grimper au sommet et voir la vue. Moins réjouissant, une partie à été détruite et transformée en bunker par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale !

Notre gîte pour les deux prochaines nuits est à Arzon près de la mer. Nous dinons dans un restaurant de poissons extra et rentrons dans le soleil couchant. Il fait de nouveau frais. Demain, suite de l’exploration de la presqu’île et détente.

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Jour 7 de Locminé à Séné

Départ un peu plus tôt ou disons un peu moins tard que d’habitude ce matin. Notre objectif est Séné, une petite ville près de Vannes.

La route directe pour Vannes est une route à quatre voies. De même que les supermarchés ont tué le petit commerce, les routes à quatre voies ont éradiqué le réseau secondaire.

Un premier détour à travers la campagne nous amène à Colpo. Ce village au nom peu breton doit son existence à La princesse Elisa Bacciochi, nièce de Napoléon Bonaparte. Plus d’infos dans cet article du Télégramme de Brest.

Je me demande comment on va faire pour éviter de nouveau la route à quatre voies quand Christian me signale un itinéraire pour les tracteurs et les vélos en direction de Vannes. Finalement ils ont pensé à nous !

Cet itinéraire va nous permettre de découvrir un site mégalithique fort intéressant à Larcust. Il s’agit de 2 cairns de pierres sèches abritant plusieurs chambres funéraires dont certaines sont encore recouvertes d’une épaisse dalle de pierre. Ce sont ces mêmes types de constructions qui, lorsque le passage du temps a éliminé l’appareil de pierres sèches, donnent les dolmens et les allées couvertes.

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Un peu plus loin, le balisage « Vannes pour vélos et tracteurs » fait défaut. Un classique, avec les pistes cyclables qui disparaissent au milieu des carrefours. Je décide de tourner à droite ce qui nous oriente plein sud, car c’est davantage notre direction. Nous nous engageons dans une interminable et grisante descente, du coup pas question de revenir en arrière !

À Locqueltas, mon idée (basée sur un itinéraire concocté par Google) était de passer sous « la » route de Vannes et de prendre un chemin à travers bois. Eh bien c’était une très mauvaise idée. Le « bois » en question est en fait un camp militaire et des panneaux nous informent qu’on s’y exerce au tir du lundi au samedi de 9h à 19h. Pour confirmer que ça ne plaisante pas, des détonations se font entendre, et pour ne pas rallonger la liste des morts provoquées par Google Maps nous décampons fissa.

Il ne reste plus qu’à opter pour une route jaune sur la carte, donc assez fréquentée et nous arrivons à Meucon où nous pique-niquons au bord d’un charmant lavoir.

La traversée de Vannes se passe sans encombre, mes itinéraires valent quelque chose parfois et nous arrivons enfin à la réserve naturelle des marais de Séné.

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Vannes : les jardins des remparts

On peut louer des jumelles à l’accueil et des observatoires permettent de voir les nombreux oiseaux qui nichent et se nourrissent dans les marais. Nous avons vu des sternes, des mouettes, des avocettes, des tadornes, des aigrettes, des colverts et des hérons et sans doute d’autres bêtes à plumes mais c’est ce que nous avons identifié !

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Là, on voit surtout des vaches !

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J’ai fait des photos au zoom mais il faudra attendre notre retour à la maison pour les voir dans le blog !

Ensuite nous nous hâtons vers la chambre d’hôtes. Arrivés à 17h pétantes, je sonne ; personne ; aïe. Je téléphone ; messagerie. Groumpf. Je re-téléphone, cette fois notre hôte décroche. « Ah désolé je n’ai pas entendu je regardais le match ». Eh oui, c’est que nous aussi on aimerait voir le match !!! (D’où le départ plus tôt et la relative précipitation dans les derniers kilomètres).

Demain nous prenons le bateau à Vannes pour traverser le golfe du Morbihan !